Faire du Théâtre

mardi 10 mars 2015, par Leonor


J’ÉCRIS comme je respire, comme j’aime, je bouffe l’air, je bouffe la vie. J’avance à reculons, je chute, je me relève, j’écris par saut avec des fautes sur un mac qui a quatre ans et qui commence à être lent à force d’accumuler les dossiers sans fin de recevoir, les photos qu’un jour je vais trier, les bouts de textes en gestation. J’ÉCRIS COMME JE VIS, comme je fais du théâtre avec tout et avec rien. Avec pas grand chose, dans l’art de l’improviste et de l’imprévisible, de ce qui m’effare, de ce qui me touche et me bouleverse jusqu’à par moments en mourir de soif.

VOULOIR RACONTER LE MONDE à travers le théâtre, avec le corps comme vecteur, comme levier de nos peurs, nos angoisses, nos amours meurtries. Mais aussi de nos bonheurs infimes. Je fais du théâtre comme je fais la cuisine, avec ce que j’ai dans les placards, avec ce qui se présente à moi comme une offrande. J’aime être surprise et pas toujours attendue. Faire même si ce qui sort ne ressemble pas à la recette du livre, du comment il faut faire un bon petit plat qu’on consomme et qu’on oublie… Plus tôt être ignorée !

FAIRE DU THÉÂTRE. Avec les jeunes, les vieux, les cabossés de la route, les ouvriers, les mal famés, les bourgeois, les femmes, les enfants… les autres. Donner un espace à la parole pour qu’elle soit entendue, dite et que les bouches puissent articuler leur désarroi, en finir avec la peur de soi et de l’autre, celui qui me regarde, celui qui ne veut pas me regarder. SE LAISSER REGARDER c’est là que le mythe apparaît, celui que chacun porte en soi et qu’il suffirait de le laisser jaillir pour qu’il trouve les mots et le corps pour être exorcisé. Apprendre de ce qui nous échappe, comme un devoir de foi. OUVRIR LES YEUX malgré l’incertitude de nos jours, du temps qui nous rattrape à grands pas. Et résister face à l’agonie, face à la mort, malgré que ça fait mal, continuer à rire et rire de soi. De sa maladresse, de son décalage et de nos manques. Nos éternels manques…

AIMER, apprendre à aimer et utiliser le théâtre comme le lieu de cette possible rédemption par la force de la ténacité. Au travail, avec audace, avec fierté, orgueilleux de notre pauvreté. FAIRE DU THÉÂTRE avec des ficelles, du théâtre en carton, du théâtre de rue, du théâtre dans les caves, dans les usines, dans les campagnes, dans la cour d’écoles, sous un arbre mais faire du théâtre avec le sang et la sueur, faire du théâtre. Ne pas revendiquer une forme, un concept mais un rapport au monde. Une façon de faire, de construire avec des petits riens…

NE PAS CHERCHER, MAIS TROUVER, SE LAISSER SURPRENDRE, ACCUEILLIR ! Etre passeur ! Ne pas se mentir ! Se savoir un chainon de la chaine !
Et pas répondre aux questions attendues, mais répondre à ses propres questions, c’est là qu’on est juste, quand la vérité qu’on énonce nous l’avons comprise parce que nous l’avons traversée. Puis continuer…
DIRE, dire ses obsessions même si l’on se répète. Se répéter jusqu’à l’épuisement. Et si on est perdu, se lever et marcher. Sortir du saint paternel cadre, le briser et prendre le risque de ne pas savoir, de tomber. Déambuler, vagabonder, sortir de chez soi, aller ailleurs… INVENTER !

Inventer de nouveaux espaces de pensée, UNE PENSÉE EN MOUVEMENT, en action, dynamique et dynamite.

Faire du théâtre, oui ! Prendre d’assaut les places publiques et crier notre désir comme on crie notre amour à l’âme aimée :


"Je sens mon cœur battre
S’arrêter et battre encore plus fort
Je sens mon cœur
Ne plus m’appartenir"

FAIRE DU THÉÂTRE… Vivre !


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