Jour 4 et 5 # Celle qui Creuse

jeudi 14 février 2013, par Leonor

Résidence à la Paillette. Jour 4 et 5


Leonor :

"Jeudi matin, nous lisons le petit livre sur Ostermeier chez Acte Sud. Un passage sur le rythme me parle beaucoup. "…la recherche du rythme gouverne son travail, un rythme fait de surprise et de suspension, un rythme qui a à voir avec le saut du trapéziste de voltige ; le rythme tel que le définit Deleuze. Car le rythme n’est pas mesure ou cadence, même irrégulière:rien de moins rythmé qu’une marche militaire. Le tam-tam n’est pas 1-2, la valse n’est pas 1-2-3, la musique n’est pas binaire ou ternaire. Le rythme se pose entre deux milieux, ou entre deux entre-milieux, comme entre deux eaux, entre deux heures, entre chien et loup".

Exercices avec le métronome

Nous nous fixons la contrainte de conter les temps donnés par le métronome (6 puis 12 temps), de s’asseoir, de se lever et de se déplacer en respectant ce rythme. Cela crée une certaine tension dans le rapport entre nous sur le plateau, une certaine écoute. Nous cherchons une certaine musicalité corporelle et nous nous disons que c’est un bon exercice de compter les temps tout en faisant autre chose.

Lecture du texte

Nous lisons, jouons, reprenons certains passages. Nous échangeons nos idées sur ce que nous imaginons pour chaque scène. Par exemple la scène avec le père ; nous imaginons toutes les marionnettes attablées, puis la fille dansant, pendant que les "questions au père" seraient projetées en fond de scène. Pour la fille météorite, nous imaginons une vraie cicatrice sur son ventre, qu’elle dévoilerait à un moment du texte. Nous imaginons des portés, l’action physique de manipuler, presser, de faire sortir les mots de son corps. C’est quelque chose d’assez récurrent dans la dynamique de nos échanges, de nos corps.

La question du début

Le soir, nous reparlons du début. Qu’est-ce qui pousse la femme sans nom à parler ? A venir là ? Nous pensons qu’il faut encore se pencher dessus. Il nous vient l’image d’un taureau enragé qui a besoin de venir se confronter à quelque chose, à quelqu’un, pour s’apaiser au fur et à mesure de la pièce. Il nous semble important qu’on sente qu’elle est dans l’impasse, qu’elle est dans une urgence, qu’elle se débat sans savoir pourquoi. Cette version correspond d’ailleurs plus aux toutes premières écritures.

La fin nous pose aussi question

Après avoir lu et jouer la mort de la grand-mère qui retrouve son amour, nous imaginons que la femme sans nom s’adresse directement au public pour mettre fin à sa parole.

Vendredi matin, nous avons couru 30 minutes. Nous parlons de nos énergies, la mienne plus explosive et celle de Gaëtan plus endurante.Je dois travailler mon endurance et, Gaëtan, son explosivité.

Hier soir, nous avons vu une pièce sur l’enfermement de journalistes dans un hôtel en Irak. Le jeu des comédiens était très dans "le dire", dans le texte (qui était un long argumentaire). Ce jeu nous a semblé loin de ce que nous imaginons pour Celle qui creuse. Néanmoins, nous avons apprécié cette pièce et nous avons été particulièrement interpellé par une image où se mêlaient de la fumée et une lumière intense. Cela nous a fait penser à l’univers d’ Hopper, que nous avions déjà évoqué."


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